Peut-il exister une morale naturelle ou objective dont le fondement ne soit pas culturel ou religieux ?



réponse standard

Fonder une morale laïque est un beau rêve depuis que les religions ne sont plus en état de faire respecter la leur, et qu'il n'y a rien pour les remplacer. Si la question est : dans l'état actuel de l'avancement des sciences, y a-t-il des élément qui permettraient de fonder une morale universelle, la réponse est non. Toutes les théories physiques étant, par définition, fondées sur le hasard, dont la théorie du big bang est l'archétype, l'univers est le produit de rapports de force issus de la violence où la loi de la jungle et reine. Le résultat, c'est l'exploitation de la planète jusqu'à la détruire irrémédiablement, l'exploitation des animaux jusqu'à les torturer au nom du progrès scientifique, agro-alimentaire, médical ou industriel, l'exploitation de l'homme jusqu'à la paupérisation des plus pauvres au profit de la minorité de ceux qui sont déjà les plus riches, ou le clonages des enfants les plus beaux ou les plus sains à destination des trafics sexuels ou médicaux.

On voit mal ce qui pourrait arrêter cette fuite en avant dans l'horreur puisqu'aucune éthique ne vient contrebalancer la toute-puissante recherche du profit à court terme.



réponse de luxe

Très juste. Mais avant de trouver la solution, il faut trouver la cause. Pas seulement constater la situation. Or, la cause, c'est bien le fait des doctrines mentales. Celles fondées sur le hasard nie nécessairement toute forme de morale. Pour qu'il y ait morale, il faut que l'homme ait un sens, que l'amour ou la fraternité soient fondés sur autre chose que le désir ou la peur, que l'univers ait un BUT qui permette de juger ce qui va dans le bon sens et ce qui va dans le mauvais sens.

Il n'y a de bien et de mal que par rapport à un but (c'est équivalent de parler de but ou de nécessité). Les religions créationnistes fondent fort mal la morale. Elles la fondent sur la peur du châtiment lorsqu'on contrevient à la volonté du créateur. C'est normal qu'on s'en soit détourné. Cette volonté du créateur est une interprétation maladroite des causes de l'univers. Ces causes sont de l'ordre de la NECESSITE, c'est-à-dire que l'univers correspond à un besoin, donc par rapport à un OBJECTIF ou but, même s'il est involontaire, inconscient ou impersonnel, et dans ce cas, évidemment, si l'univers, la vie, l'être, signifient quelque chose de précieux, une morale peut être décelée.

Evidemment, ce n'est pas du domaine de la Science telle qu'elle est conçue actuellement, puisque la Science calque ses procédures sur celles de la Physique qui se contente d'observer le passé et essaie d'y trouver les causes. Elle n'y parvient pas, parce que les causes ne sont pas passées. Le passé est historique mais n'a aucune valeur explicative, simplement parce qu'il n'est pas source d'évolution. Il est, comme la matière qui est du passé, soumis à l'entropie. Pour qu'il y ait évolution, il faut qu'il y ait objectif, but, nécessité. Seul le but engendre l'énergie, le mouvement, le changement, l'évolution. Le hasard en est incapable comme on le démontre par ailleurs.

Ce faisant, elle renvoie toute idée de but dans le camp des religions. C'est abusif car le but est la conclusion d'une démarche rationnelle, non religieuse. La science se veut rationnelle, si elle l'était véritablement, elle aboutirait elle aussi à la notion de but. Comme elle ne peut pas l'évacuer totalement, elle s'en tient parfois à la notion de nécessité, mais cela est un aveu d'échec. S'il y a nécessité, il y a but, car aucune nécessité ne peut se justifier dans le cas où l'univers est le fruit du hasard. Pour qu'il y ait nécessité dans l'univers, il faut que l'univers soit issu d'une nécessité, et non du hasard.

C'est l'un ou l'autre. Il ne peut plus y avoir la moindre trace de hasard s'il y a nécessité au départ. Et s'il n'y a pas nécessité au départ, il n'y a pas d'univers car le hasard est l'action des probabilités. Or les probabilités sont une action à partir d'éléments existants, non à partir du néant. Il n'y a pas de probabilités dans le néant.

Cette nécessité est connue, elle permet de comprendre l'origine et l'évolution de l'univers, et par là-même, de fonder une morale universelle.



réponse de course :

La morale, lorsqu'elle est religieuse, revient à aimer son prochain comme soi-même, quelles que soient les traditions. C'est à dire ne pas faire à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse. C'est fondamental et suffisant. Ce principe est soit fondé sur la révélation de la religion, ce qui ne l'empêche pas d'être juste, soit fondé sur la rationalité absolue qui aboutit à la même conclusion. Par contre elle ne peut pas être issue de la Physique ou des approches scientifiques matérialistes pour lesquelles il n'y a aucune raison d'aimer (puisque la matière suppose la séparation des êtres), ni de considérer donc son prochain comme soi-même. C'est un autre, matière face à matière, et aucune relation particulière ne se justifie d'elle-même.

Il n'y a donc aucune raison scientifique d'éviter la souffrance à autrui. Si l'intérêt passe par la souffrance de l'autre, peu importe qu'il souffre, les actions étant fondées par le seul désir, et non par le " but ", qu'on refuse ou ignore.

Pour avoir une bonne raison de ne pas faire à autrui (ou au monde, à la planète, aux animaux etc.) ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse, il me faut acquérir la certitude que l'autre et moi formons un même être. Cet être précisément dont l'unité et l'unicité forme le fondement intuitif des religions. Mais aujourd'hui l'unicité de l'esprit et l'unité de l'Etre, quelles que soient les formes extérieures et leur multiplicité apparente, est une certitude démontrée rationnellement de façon incontournable. Quiconque veut soutenir un comportement contraire à la " morale " qui en découle directement devra démontrer de façon aussi irréfutable que les êtres sont séparés et que chacun est un esprit indépendant lié à la matière du corps. L'autre dans ce cas ne serait pas soi-même et il n'y aurait donc aucune raison de l'aimer.

  • tout cela est absurde. Si j'aime l'autre, ce n'est pas parce que c'est moi, bien bien parce que c'est un autre, complémentaire ou différent.

  • On peut, superficiellement, se laisser leurrer par la séparation des corps. Mais s'il y a volonté de s'unir malgré cette séparation des corps, c'est bien pour rétablir une réalité niée par cette séparation apparente. Une unité de fait, fondamentale, qui fait que, lorsqu'on s'est " unis ", on s'aperçoit qu'on est un. Ou tout au moins on cherche à devenir un.


  • Si nous étions séparés, nous ne pourrions en aucun cas nous aimer. Car nous ne pourrions pas communiquer, nos esprits étant indépendants et différents.
  • Si, il suffit pour cela que l'esprit soit de même nature et ait été élevé dans un milieu comparable.
  • Non Monsieur, car nous ne pourrions même pas avoir conscience l'un de l'autre. Pouvez-vous avoir conscience de quelque chose qui ne soit pas DANS votre conscience ? Auriez-vous conscience de moi si je n'étais intérieur à votre esprit ? Si je n'étais un avec vous ?

Ne soyez pas ridicule avec ce combat d'arrière-garde. Le simple fait d'échanger des idées comme nous le faisons est la preuve que nous cherchons la communion. La compréhension. L'UNITE. Parce que cette unité est la vérité que l'apparence matérielle nie. Aimons-nous les uns les autres, tout le reste est irrationnel et absurde.

  • Parlez pour vous ! Je ne cherche pas l'unité avec le totalitariste que vous êtes !

- Mais bien sûr que si, sinon, en quoi le fait que je sois différent de vous vous gênerait-il ?

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