I - 2 - : CAUSE ORIGINELLE DE L'ETRE,
DE LA CONSCIENCE,
ET DES " DIMENSIONS " DE L'UNIVERS
I - 2 - a - : Ayant établi que l'infini est forcément nul, on est évidemment fondé à s'interroger sur la raison pour laquelle il apparaît matériel, spirituel, temporel. En un mot, pourquoi " je suis ", puisque visiblement " je suis " contient toutes les sensations et donc l'univers. Pour comprendre cela, et répondre à la question "pourquoi quelque chose à la place de rien", il faut comparer ce Néant qui devrait être à l'Etre qui semble être.
I - 2 - b - : Pour faciliter la compréhension, on peut dire d'ores et déjà que la conclusion sera la raison pour laquelle L'IMPRESSION DE L'ETRE EST NECESSAIRE A LA REALITE DU NEANT, et non la raison pour laquelle il y aurait quelque chose à la place de rien, puisqu'on n'est jamais sorti du " rien ". Le tout, y compris l'illusion, reste nul. Il n'y a pas " quelque chose " à proprement parler, il n'y a qu'un processus d'illusion indispensable à la nullité du Néant qui seul est véritablement. Pour l'instant c'est certainement difficile à cerner, mais cela s'éclairciera petit à petit.
I - 2 - c - : Cherchant à définir l'être, tous les yogis arrivent à la même conclusion : il est un point nul, sans volume ni attributs, se sentant situé au centre de l'infini qu'en fait il contient. On constate donc que le sentiment d'être est bien le contraire du néant : l'être est une opposition entre zéro (centre) et infini ("extérieur") alors que le néant est leur UNITE : une nullité infinie, ou l'infinité nulle. La question " pourquoi quelque chose à la place de rien " devient alors : " pourquoi deux principes (zéro et infini) qui devraient être unis (ce serait le néant) sont apparemment séparés (c'est l'être) ".
I - 2 - d - : Qu'est-ce donc qui sépare zéro et infini ? La réponse est contenue dans ce qui a déjà été dit : on sait que l'infini, en tant qu'absolu, est nul, irrévocablement. Mais rien ne dit que la nullité, en tant que principe, soit infinie. Tandis qu'il est inconcevable que l'infini soit non nul, il est tout à fait concevable que la nullité ne soit pas infinie. C'est ce qui distingue la nullité de l'infinité, qui les empêche d'être unis (le néant nécessiterait pourtant cette unité, mais n'oublions pas que c'est un but, non une origine).
I - 2 - e - : On s'apercevra que toute l'illusion de l'Etre, c'est-à-dire l'univers, est la manifestation du fait que la nullité n'est pas forcément infinie : chaque univers (l'Etre en perçoit une infinité, tous différents - voir plus loin pourquoi) est une sélection dans l'infinité des possibles, et cette sélection est la nullité s'appliquant à une part plus ou moins grande de ces possibles.
En quelque sorte, mais tout cela se comprend beaucoup mieux par l'intuition qu'avec des mots, la nullité peut " s'appliquer à toutes les valeurs ", comme si la nullité pouvait varier d'une nullité nulle à une nullité infinie. C'est effectivement ce qui se passe, et c'est bien normal puisque rien n'impose à la nullité de s'appliquer au tout plutôt qu'à quelque chose ou à quoi que ce soit. Cette expression " s'appliquer à " n'est d'ailleurs pas très juste. En effet, elle ne s'applique à rien, mais c'est son application elle-même, le fait que son principe soit effectif et non une simple vue de l'esprit, car il est effectif en soi indépendamment de tout esprit, qui manifeste une espèce de " non-nullité " qui limite la nullité et engendre donc les apparences.
I - 2 - f - : L'infini est un absolu. La nullité n'en est pas un. Il est néanmoins nécessaire que cette dernière rejoigne l'infini afin que le néant soit, infiniment nul, d'où l'évolution. On peut croire que l'évolution est un accroissement perpétuel, c'est une illusion qui s'explique fort bien, mais la réalité est que c'est une nihilisation progressive.
L'accroissement apparent est dû à l'intégration de l'infini dans le zéro, et du point de vue du zéro, donc, il y a progression. Mais en fait, c'est une concentration perpétuelle de l'infini qui se manifeste par une disparition progressive de l' " égo " au fur et à mesure de l'évolution. On est infini lorsqu'on atteint à la nullité infinie. L'évolution est donc un sentiment de libération progressive : en tant que minéral on est très prisonnier, mais petit à petit cette prison devient de plus en plus subtile, l'univers extérieur se " nihilise ", et quand on atteint la nature humaine, on s'aperçoit que le monde est beaucoup moins contraignant. Au-delà de l'homme, la matière devient encore de plus en plus subtile et l'égo de plus en plus ténu. La nullité s'applique à une part de plus en plus importante du Tout.
I - 2 - g - : En d'autres termes, par rapport à l'infinité qui est un principe absolu, la nullité (également nécessaire au néant) est un principe relatif : le zéro n'est pas forcément tout. Qu'il soit plus ou moins " tout " dépend de certaines conditions. D'ailleurs, on exhibe facilement un exemple montrant que le zéro n'est pas absolu : c'est la sensation d'être. Présentement, il n'y a pas zéro sensation d'être (même si c'est pure illusion). Il est donc clair qu'au moins dans ce cas, le principe de nullité ne s'applique pas.
1 - 2 - h - : Cela dit, ce constat n'est pas une cause. La vraie cause, c'est que pour que la nullité soit effective, elle a besoin de la condition impérieuse que le principe de "tout" lui soit "extérieur", "autre". Un principe de nullité qui contiendrait l'infini, le tout, quel que soit ce tout, ne pourrait être qualifié de zéro. Ce serait absurde. Le zéro ne peut rien contenir. Il annule ce qu'il contiendrait. Toute chose, toute valeur, peut être annulée, sauf le principe d'infinité qui est un absolu. L'infini est la seule " chose " qui s'impose d'elle-même (au même titre que le néant puisque l'infini est forcément nul). Mais le zéro ne peut contenir l'infini.
1 - 2 - i - : On se trouve donc face à une double impossibilité qui est aussi une double nécessité : l'infini est nécessaire mais rien ne peut être infini, ce qui engendre le principe de nullité, relatif à l'infini. Et d'autre part, la nullité devrait être infinie mais elle ne peut le contenir.
1 - 2 - j - : D'où l'Etre. L'Etre est la manifestation de la nécessité d'un infini jamais atteint, et est donc un processus d'évolution vers l'infini, et certainement pas un état. L'Etre n'est pas un état (le néant non plus d'ailleurs). C'est une tendance, une nécessité. D'autre part l'Etre est la manifestation de la nécessité que le zéro soit infini. Tendance à l'absence d'Etre, à la nihilisation, tout devant tendre vers le néant.
Cette double nature évolutive de l'Etre est, ainsi qu'on l'a montré, liée à la double nature du néant, dont il est clair qu'il ne peut pas ne pas être nul, absolument, et qu'il ne peut ne pas être infini, absolument. Ces deux principes nécessaires sont de fait distincts. Ils ne peuvent être confondus même si leur vocation est d'être confondus. Ce n'est pas l'esprit qui les distingue, ils sont distincts en eux-mêmes, et c'est leur distinction qui engendre l'esprit. Il est clair que même en l'absence d'esprit, ces deux principes ne peuvent ne pas être. On ne peut d'ailleurs prétendre que c'est l'esprit qui conçoit le néant, ou que l'esprit crée cette distinction. Il n'y a que l'esprit, et celui-ci est constitué de cette distinction, et se confond avec le néant, ce qu'on a démontré. Il ne s'agit pas d'une connaissance objective de quelque chose d'autre que soi, ni du regard de soi sur soi-même, mais le Soi lui-même qui est regard pur, qu'aucun élément extérieur ne peut venir troubler puisqu'il n'y a rien d'autre. La dualité se manifeste comme dualité, le Néant se manifeste comme Néant, l'Etre se manifeste comme Etre. L'esprit ne crée rien qui ne soit, il ne fait que s'exprimer lui-même. Il est un processus d'infinitisation de la nullité, et il n'y a aucune raison a priori pour penser que l'Etre ne manifeste pas sa vraie nature et a une vision fausse de lui-même. Il est cela, voilà tout. Pourquoi l'Etre créerait-il une distinction qui n'est pas, des principes qui ne sont pas ? L'Etre est une distinction, et la distinction est celle de l'infini par le zéro parce que le zéro, indispensable à l'infini, ne peut contenir celui-ci.
I - 2 - k - : On remarquera donc que du "point de vue" de l'infinité (qui n'est à proprement parler qu'une potentialité infinie, le Tout étant donc une tendance, non une réalité), l'unité entre zéro et infini est éternellement réalisée, alors que du "point de vue" de la nullité, elle n'a pas de raison ni possibilité de l'être. C'est donc bien du point de vue du zéro qu'il y a opposition avec l'infini, et cela est vrai éternellement, c'est-à-dire dans l'instant présent quel qu'il soit. Or, on a dit que la définition de l'être, c'est justement une opposition permanente à l'infini par le zéro. L'infini, lui, ne s'oppose pas au zéro et peut parfaitement le contenir. La distinction n'est donc pas symétrique. Il n'y a d'Etre que dans le sentiment d'être au centre d'un infini " extérieur ".
Cette pure opposition de principes est-elle véritablement l'Etre ? On peut vérifier par la méditation que tout autre attribut de l'Etre peut être évacué, jusqu'à cette pure opposition, sans remettre en cause cette sensation d'être. Il semble donc qu'il n'y ait rien d'autre de fondamental dans l'Etre. Cela étant, on peut comprendre que l'opposition de deux principes ne peut se faire abstraitement. Elle se fait concrètement, c'est-à-dire qu'effectivement un principe rejette l'autre. C'est ce rejet à chaque instant qui est une sensation, pour le principe de nullité lui-même. Car il n'y a personne d'autre que lui pour le faire. Il n'en a ni la volonté ni la conscience, il le fait, et le fait de maintenir cette " distance ", cette altérité, est l'essence d'une sensation. Mais il est clair qu'il n'y a PERSONNE qui ait cette sensation. L'Etre est la sensation elle-même. Il n'y a pas d'être ayant une sensation, pas d'être disant " Je suis ". Il n'y a que le " Je suis " qui est le fait d'évacuer en permance ce qu'on ne peut pas être.
I - 2 - l - : Telle est donc la cause de la première réalité de l'esprit. On appellera la "CONSCIENCE" cette sensation d'un "donné extérieur" dont on a toujours l'impression d'être le centre (nul en fait malgré l'impression personnelle d'être quelque chose).
I - 2 - m - : Il n'y a pas de différence entre la notion de conscience et la notion d'ESPACE. L'espace n'est pas une dimension de l'univers. C'est la sensation de conscience elle-même. Elle s'appliquera évidemment à l'univers lorsque la conscience sera une conscience d'univers. Ainsi l'origine de l'espace, qui n'a de réalité que pour le zéro au centre de l'infini, se situe dans le fait que l'infini est nécessairement " extérieur " au zéro.
I - 3 - : ORIGINE DU TEMPS
L'EVOLUTION SPATIO-TEMPORELLE
PERMET L'INSTANT PRESENT DU NEANT
I - 3 - a - : Le but, la raison d'être de la conscience d'être, est la nécessité d'une nullité effective, indispsensable au néant. Le Néant est donc bien le but de l'Etre. Ce but s'applique exclusivement au zéro au centre, à la poursuite de l'infini " extérieur ". L'existence va donc être un mouvement d'expansion du zéro vers l'infini.
I - 3 - b - : Il est clair que ce but est impossible à atteindre pour le zéro. En aucun cas le zéro ne peut contenir l'infini. C'est la seule " chose " à laquelle il ne puisse s'unir. A l'inverse, l'infini et obligé d'être uni au zéro. Il ne peut d'ailleurs être rien d'autre.
I - 3 - c - : Du point de vue de l'infini, par conséquent, il ne se passe rien. Tout se passe du point de vue du zéro en fuite vers l'inaccessible. Le fait que ce but soit inaccessible explique le TEMPS éternel. Une nécessité qui serait possible n'engendre aucune réalité. Elle est. Et il ne se passe rien. Par contre, une nécessité impossible à réaliser engendre immédiatement la sensation de temps (pour le point d'application de cette nécessité, c'est-à-dire pour le centre de l'infini. Du point de vue de l'infini, il n'y a aucune sensation).
I - 3 - d - : On voit ainsi que Etre, espace et temps sont absolument indissociables. Les trois éléments naissent de la même source : la Nécessité du Néant. Et de fait, il est très difficile de supprimer l'espace et le temps de la conscience. On remarque que ces deux " dimensions " sont antérieures à toute notion d'univers. L'univers y prendra simplement place. Ce ne sont pas des notions physiques mais métaphysiques (avant qu'il y ait des apparences).
I - 3 - e - : Puisque le but qui justifie la conscience lui est inaccessible, il est clair que la conscience est éternelle. Elle ne peut s'éteindre. Seule l'unité avec l'infini pourrait l'éteindre, mais c'est impossible puisque le zéro ne peut contenir l'infini, et que la nullité est éternellement nécessaire.
I - 3 - f - : L'union avec l'infini est donc, pour le zéro, un éternel besoin, une intention, une volonté d'unité, de devenir l'infini. On appellera " AMOUR " cette seconde sensation de l'Etre. Il n'y a pas de différence de nature entre l'amour et le temps. Tous deux sont des aspects différents de la nécessité du néant perçue du point de vue de la conscience, une fois l'espace établi.
I - 3 - g - : Il ne peut y avoir amour tant qu'il n'y a pas conscience. Il ne peut y avoir temps tant qu'il n'y a pas espace. Pour que l'union se mette en route, il faut évidemment qu'il y ait dualité, séparation. Tout cela, néanmoins, se fait " dans les principes " et non dans le temps. La hiérarchie des causes n'est pas une succession dans le temps.
I - 3 - h - : On appellera donc CONSCIENCE le fait, pour la nullité du néant, de se distinguer en permanence de son infinité, et AMOUR le fait, pour cette même nullité du néant, de chercher son unification avec l'infini. On appellera DIMENSIONS les modes de limitation du Tout par la conscience, permettant de passer de l'indifférencié au différencié (univers).
I - 3 - i - : La conscience étant une distinction, elle est une donnée qui ne peut évoluer. A l'inverse, ce qui évolue, c'est le rapprochement avec l'infini. L'amour est donc le mode d'évolution de la conscience, et prend toutes les formes, toutes les façons pour la conscience de s'unir à l'infini qui semble l'entourer, définissant sa vision de l'infini. Dans l'évolution de cet amour, les formes passeront de la gravitation à la sexualité, puis à la spiritualité etc.
I - 3 - j - : Toutes les façons de s'unir existent, et il y en a une infinité, définissant l'infinité des niveaux de " conscience " (mais on devrait plutôt dire " d'amour ") entre la séparation absolue et l'unité infinie. Ces niveaux sont en nombre infini, définissant chaque individualité dans l'univers, puisque l'unité infinie est inaccessible.
à l'équation infini = zéro, point de départ de toute connaissance véritable,
(mais la réciproque n'est pas vraie)
on ajoute la formule suivante : le zéro tend vers l'infini.

I - 3 - k - : Le mouvement qui consiste, pour le zéro, à devenir infini (et qui est sensation d'amour pour "autrui"), afin que le néant (unité) soit, s'appelle "l'espace-temps". Synonyme d'évolution, il se définit comme la transformation de l'espace (extériorité apparente) en temps (mémoire, intériorité). Ce mouvement n'est jamais réciproque. Il n'y a aucune transformation de temps en espace.
I - 3 - l - : L'espace-temps n'a qu'une seule direction, du zéro vers l'infini, qui est le sens de l'évolution universelle (absorption-concentration du monde extérieur (infini) par l'être-zéro), et sensation présente d'un passé de plus en plus long).
I - 3 - m - : Soi (sensation d'un univers extérieur donné sous une infinité de formes) se situe toujours à mi-chemin de ces deux pôles qui en fait n'en sont qu'un. C'est naturel, puisque l'être n'a pas de commencement (c'est éternellement que le zéro est relatif par rapport à l'infini qui est absolu).
Autrement dit, il y a la même distance en termes d'espace-temps pour passer du zéro au UN (l'être), que pour passer du UN à l'infini. D'où le schéma suivant :

C'est cela qui explique que les physiciens quantiques, et depuis EINSTEIN, constatent, ou plutôt calculent, que dans certaines circonstances, l'espace se transforme en temps et (peut-être) réciproquement. L'espace (à droite du schéma) est créé d'emblée par la conscience qui place immédiatement et éternellement l'infini à l'extérieur d'elle-même, comme but vers lequel elle tend, et le temps (à gauche, intérieur ou passé) est là pour annuler cet espace qui devient mémoire : le zéro a l'impression de redevenir, petit à petit, infini. L'espace devient donc du passé, le temps à venir étant figuré par l'espace restant à absorber.
L'évolution de la conscience d'être s'est faite du 1 au 1', l'univers extérieur (espace) a changé en même temps que l'univers intérieur plus riche (passé).
En fait, tout ce mouvement apparemment évolutif qu'est l'existence, est contenu dans un seul principe : la Nécessité du Néant. De cette première nécessité découle la seconde : la nécéssaire nullité du néant, qui ne peut être effective que par opposition à l'infini. La conjonction des deux, inséparable, engendre toute l'évolution de la nullité vers l'infini, ou si l'on préfère, de la dualité vers l'unité. La Nécessité du Néant, éternellement présente, est la seule réalité de l'être, le reste est pure illusion permettant de la maintenir. Toute l'illusion de la matière, du corps, etc. est le support permettant de maintenir une conscience limitée, non infinie, qui permet de maintenir la distance avec l'infini, et donc la nullité sous toutes ses formes, créant et maintenant donc la dualité de l'Etre. Cela permet au zéro de ne pas être infini, donc au néant de pouvoir être effectif dans le présent, bien qu'éternellement inaccessible à la conscience qui est toujours tant soit peu dans le temps.
Ainsi on a une succession des causes métaphysiques qui est la suivante :
BUT ABSOLU : NEANT
ou Infini nul
qui nécessite
NULLITE EFFECTIVE
possible uniquement par rejet de l'infinité. Celle-ci est donc le But sauf pour la nullité.
L'infini reste donc une NECESSITE mais cesse d'être une POSSIBILITE du point de vue du ZERO.
NULLITE qui nécessite donc
CONSCIENCE
(opposition au tout, non-infinité)
qui nécessite
CORPS (univers)
qui est le fait que la conscience se maintient non-infinie
à chaque instant.
Au bout du compte, le simple fait de comprendre que l'INFINI est une NECESSITE et surtout pas un nombre ou un ETAT, ce qui suppose LIMITES,
suffit pour expliquer l'univers qui ne fait que manifester la NECESSITE DE L'IMPOSSIBLE NEANT, impossible du point de vue de sa nullitée. Tout sera donc sa recherche et c'est pourquoi l'univers est évolution.
Imaginer que l'Infini pourrait être une donnée vide est une vue du mental. L'INSTANT PRESENT bien que nul en durée, est PLEIN. Espace cherchant ses limites.
Ainsi, l'illusion d'un univers à aimer dans le temps à partir du point-zéro de la conscience est le moyen de l'Absolu présent inaccessible pour la conscience.
Le temps est bien le problème crucial de l'univers car c'est bien en comprenant cette genèse du temps que l'on comprend la genèse de l'univers. Pourquoi l'esprit ressent-il ainsi le temps ? Tout simplement parce que sa raison d'être, le but ultime, le néant nécessaire, est perpétuellement refusé par la conscience. A chaque instant le néant est le but, jamais réalisé, puisqu'à chaque instant la conscience éloigne cet infini auquel elle ressent le besoin de s'unir. C'est ce jeu perpétuel d'un absolu jamais réalisé, toujours à venir, qui donne à la conscience sa sensation de fuite dans le temps. Elle en tire un univers intérieur de plus en plus riche (évolution) au fur et à mesure que l'espace (univers extérieur) perçu à l'instant "t" devient du passé,
ou mémoire, ou enseignement, à l'instant "t+1".
Atteindre le but consisterait à annuler tout espace, donc à annuler l'amour dans une unité absolue (pour qu'il y ait amour il faut deux) où il n'y aurait plus de conscience possible. Mais cet infini reste toujours BUT,
et par nature, la conscience qui seule peut faire ce travail s'y oppose. Pour cette raison, elle déteste l'idée de néant et s'insurge lorsqu'on en parle. D'où la difficulté à comprendre l'origine de l'univers et les perpétuelles théorisations qui n'aboutissent jamais. Elle maintient perpétuellement le but à distance car, répétons-le, c'est le seul moyen pour que la nullité nécessaire au néant ait une chance d'être effective. D'où son éternelle sensation de temps, et son éternel mal-être : interrogation sur sa propre nature, et sur le pourquoi de cette existence qui n'est jamais totalement satisfaisante ni réalisée. L'Etre est un combat. Et la paix est dans la reconnaissance et l'acceptation de ce combat, et non dans sa fuite au nom d'une paix attendue.
La formulation de ce processus ne peut qu'être imparfaite. Elle évoluera toujours. Si elle était parfaite cela voudrait dire que l'Infini peut être réalisée. C'est cela, la Clef du MOUVEMENT PERPETUEL.
I - 3 - n - : EQUATION ORIGINELLE PROPOSEE
On approche ainsi de l'équation oiginelle de l'univers, si tant est qu'il soit nécessaire de " modéliser " mathématiquement des principes métaphysiques, qui peut se formuler littéralement de la façon suivante : "comment passe-t-on de rien à quelque chose". La question "comment passe-t-on de quelque chose à rien" est déjà résolue : il suffit que cela atteigne l'infini.
Or de cette équation, on déduit immédiatement la formule pour passer de rien à quelque chose :

Il suffit, pour passer de zéro à UN, de diviser le zéro à l'infini. C'est exactement l'acte créateur de la multiplicité. L'infinie multitude d'êtres nuls constitue le Tout infini.
L'intérêt de cette formule n'est pas que provocateur. Concrètement, diviser zéro à l'infini ne veut rien dire. Pourtant, zéro et infini sont des principes plus réels qu'aucun autre, et l'existence (le 1) se situe dans leur rapport, dans leur relation. Mais pas dans n'importe quel sens. Il n'existe pas de relation entre infini et zéro car dans ce sens (et non dans le sens zéro vers infini), il n'y a pas de différence. L'infini est toujours nul. Par contre du point de vue du zéro, il y a relation, illusoire, certes, mais relation. En l'occurrence, être le centre partout est cette division. Elle engendre l'Etre.
Cela ne peut pas ne pas se faire, pour les raisons déjà exposées (il y a forcément un nombre infini de façons d'être nul puisque le zéro est relatif), et il n'y a aucune raison pour que cela se fasse une seule fois. Cela se fait donc éternellement, dans l'instant présent, seule réalité, mais avec cette mémoire des autres instants, et cette expectative idéelle d'une éternité à venir, qui nous vaut de croire au temps et à l'évolution, alors que le néant est déjà réalisé dans l'instant présent (nul et infini). Le temps permet l'instant comme l'univers permet ce qu'on appelle " Dieu ".