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Gestion des hommes par
le stress Le
stress n’est pas un problème mineur qu’il convient
de gérer au mieux mais qui serait inévitable si on veut
une économie efficace. C’est la présentation
qu’on veut en donner, et parfois ont lieu des débats sur
le sujet où on met en exergue les suicides chez Renault ou
dans la police etc. Et même les syndicats jouent, comme
souvent, le jeu du système en ne disant pas la vérité.
Il faut la dire : le stess est une stratégie de longue
date, et c’est un des piliers de la civilisation dont on veut
se débarrasser aujourd’hui.
Il
n’y a trois attitudes accessibles à l’homme :
l’émotionnel, le mental et le causal. On sort de
l’émotionnel, on est en plein mental, et on va vers le
causal. Les détails dans la « Sixième Clef »
aux Editions Louise Courteau. Les
animaux sont l’archétype de l’émotionnel.
Ils sont exclusivement présents. Ils n’ont quasiment pas
de mental et sont presque privés de la possibilité de
programmation. Regardez un chien : vous arrivez, il est fou de
joie, saute partout, vous mordille les mollets, fait pipi tellement
il est hors de tout contrôle, court dans tous les sens et
s’agite comme un fou parce que la joie le submerge et qu’il
n’a pas le moyen de la contrôler. Laissez-le seul trois
minutes dans une pièce fermée il se met à hurler
et à pleurer parce qu’il ne supporte pas la solitude une
seule seconde. Son corps est tout. Et quand on est le corps,
totalement présent, les autres corps sont un besoin vital. Car
c’est se toucher qui confirme l’existence. Les
peuples premiers sont proches des animaux dans la mesure où
ils sont capables d’être dans l’instant et de vivre
les émotions de façon intense. C’est pourquoi ils
vivent dans la magie qui ne fonctionne que par l’émotion.
Les peuples seconds, comme nous, se sont soumis au mental. Les
émotions sont dominées. On ne rit plus, et pour éviter
de pleurer, on cache la mort et on préfère ignorer la
destruction de la planète et les manipulations environnantes
qui devraient nous faire réagir avec colère. Au lieu de
cela, comme c’est le mental qui règne, l’émotionnel
disparaît, et donc on massacre les animaux, et le meilleur
moyen, quand on ne les enterre pas vivants comme en Egypte ou ne les
envoie pas à l’abattoir par milliards, c’est de
détruire leur habitat naturel. Tout contribue aujourd’hui
à ce que les animaux disparaissent et en particulier les
grandes espèces qui sont les plus émotionnelles. Les
animaux permettraient à l’homme d’exprimer sa
bonté et son amour, de vivre des émotions simples et
sans calcul. Que nenni. Il faut s’en priver. Le mental est roi
et il détruit tout ce qu’il domine. Il détruit
donc l’homme. L’homme second est détruit à
l’heure actuelle à vitesse accélérée,
non pas en nombre mais en qualité intrinsèque, en force
vitale, en créativité, par le stress. Le
stress consiste à ne pas être présent à ce
qu’on fait. On ne peut pas être présent à
ce qu’on fait lorsqu’on planifie ou qu’on a la
culture du résultat. S’approprier le résultat est
le propre du mental. C’est son orgueil. Il croit diriger ses
pas. Mais il n’appartient pas à l’homme qui marche
de diriger ses pas. Le résultat de nos actions est décidé
par notre inconscient, c’est-à-dire par « Dieu »,
par le Soi, par ce qui en nous est éternel et anime notre ego
provisoire sans que nous sachions en général ni
pourquoi ni comment ni vers où. Lui le sait car selon notre
attitude intérieure, nos besoins spirituels se définissent
et donc les étapes par lesquelles il est nécessaire de
passer personnellement pour progresser vers le Grand But infini et
inaccessible. Lorsque
le mental s’approprie le résultat, il nie l’essentiel
en l’homme, et ne peut plus être présent à
l’action. Seule l’action est de notre ressort et de notre
responsabilité. La façon d’agir. En étant
présent et par don. Ce n’est pas le cas lorsqu’on
pense au résultat. La civilisation mentale cultive le
résultat. Pour que le résultat soit le meilleur
possible, il faut donc faire mieux que les autres et c’est
pourquoi on va cultiver la concurrence et la compétition,
alors qu’il ne peut y avoir d’épanouissement
humain que dans la solidarité et la coopération.
La
perte de la gratuité de l’action, en considérant
que le résultat appartient à l’univers tout
entier et non à celui qui agit, est la première source
de stress. Nous nous approprions une responsabilité qui n’est
pas la nôtre et qui donc ne répondra jamais trop à
nos attentes. La plupart du temps on obtient autre chose que ce que
l’on vise, et on fait des ponts d’or aux gestionnaires
qui parviennent, par miracle, à obtenir les résultats
voulus par les actionnaires. Au prix de la mort et de la destruction,
bien entendu, et au prix du stress de tout le personnel qui se voit
assigner des tâches insurmontables et trop nombreuses. Jusqu’à
ce que finalement ils n’obtiennent plus les résultats
voulus, sans savoir trop pourquoi, et alors ils sont virés et
remplacés par un autre qu’on espère mieux capable
de gérer le stress. Tous
sont détruits à ce petit jeu. Les actionnaires aussi
d’ailleurs au bout du compte. Car bien souvent ils finissent
par être perdants. Agir
pour le résultat n’est que le début du stress. Le
mental est tellement retors et orgueilleux qu’il veut tout
contrôler. Tout son environnement. Et donc les objectifs et
obligations partent dans tous les sens. C’est le pire du
stress : avoir plusieurs objectifs à la fois. Cela a
tendance à empêcher de se concentrer sur quoi que ce
soit, et cette dispersion, cette « yinnisation »
ou « acidification » est la source de beaucoup
de maladies modernes. Il
n’est pas impossible de gérer plusieurs choses à
la fois en restant yang, concentré sur chaque chose, présent
à chaque chose. Mais on ne peut être présent qu’à
une chose à la fois. On ne peut être présent à
deux actions ou à dix-mille. C’est impossible. C’est
pourtant ce qu’il faudrait arriver à faire si on voulait
s’en sortir, compte-tenu de la profusion d’obligations de
toute sorte qui se concurrencent dans le temps. Aucun
chien ne mangera en regardant la télé. Dès que
vous le dérangez lorsqu’il joue ou lorsqu’il fait
ses besoins, vous le stressez et il est incapable de gérer
cela. Il sera très efficace pour beaucoup de choses à
condition de ne faire qu’une chose à la fois. Si vous
l’obligez à se disperser, il deviendra fou. L’homme
aussi devient fou dans ce cas, et pourtant il a un mental. Il devient
fou plus lentement, mais sa dispersion est infiniment plus grande. La
vie moderne interdit finalement la présence, et le stress
prend toute la place qui devrait être assignée à
la spiritualité, à la prière et à la
méditation dans l’action. L’action
est source de méditation, la méditation est source
d’action. Mais c’est chacun son tour. Aujourd’hui
on est dans une multitude d’actions simultanées qui ne
permettent plus d’y trouver source de méditation, et
comme de toute façon on n’a plus le temps de méditer,
les actions sont sans queue ni tête. Et la société
avec. Comment
voulez-vous que nos cellules fassent leur travail si on leur reproche
sans cesse de ne pas être là où elles devraient,
qu’elles devraient faire autre chose, et mille choses en même
temps ? Sensibles comme elles sont, elles meurent presque
instantanément. La seule chose dont elles ont besoin, comme le
chien qui sourit en attendant une caresse, c’est qu’on
lui dise : « merci, je t’aime ».
« Tout ce que tu as fait jusqu’à présent
est parfait, ce qu’il t’est inspiré de faire
maintenant est parfait, ne fais que cela ». « Il
n’y a aucun résultat à attendre, simplement à
goûter l’instant. De toute façon un résultat
viendra, qui sera celui dont tu avais besoin ». Voilà
ce que nos cellules, comme nos chiens, comme nous-mêmes, avons
besoin d’entendre.
Alors
il n’y a pas de stress et notre monde redevient paix et amour. Finalement,
qu’est-ce qui est la cause première de ce stress ?
Ce n’est pas le mode de gestion économique qui en a fait
une règle de fonctionnement dans les entreprises et les
administrations, et même dans le gouvernement et le sport. Cela
n’est que le symptôme.
Ce
ne sont pas les manipulateurs, reptiliens ou non, qui ont organisé
et tentent de maintenir en état la société
moderne pour en tirer les résultats qui les satisfont, au
mépris de tous les autres.
Ce
ne sont pas les patrons ni les chefs de service, ni les surveillants
ni les radars ni le téléphone.
Le
responsable c’est la peur de la solitude pour un humain qui
découvre ce que c’est que le mental. Le mental se défend
par l’orgueil car il a pour but de défendre l’identité
par rapport aux autres, l’identification au corps qui a autant
besoin des autres corps qu’il en a peur, et qui ne s’entretient
que dans la négation du But, dans le refus de l’infini
et de tout ce qui peut y conduire. La fusion, la compassion, l’unité,
la solidarité, la paix. C’est un progrès par
rapport à l’âme-groupe, mais c’est une étape
dangereuse qui a détruit bien des planètes et en
détruira encore beaucoup. Etre l’autre c’est être
seul. Il y a ceux qui sont autonomes spirituellement et ceux qui ont
toujours besoin de quelqu’un. Ceux qui sont capables de
s’opposer à tous s’il le faut, et ceux qui
cherchent perpétuellement la confirmation. Ceux qui croient
qu’ils vont arriver quelque part, et ceux qui sont partout et
en tout. Les uns vivent un stress permanent et rendent les autres
malheureux, les éveillés sont spectateurs et c’est
leur paix qui agit le mieux. Les
peuples troisièmes, pourrait-on dire. Mais les premiers n’y
sont-ils déjà ? On
sait que c’est vers cet éveil que l’on va, éveil
à une autre dimension, on sait qu’on y va au prix de
beaucoup de stress en attendant de comprendre que le but est présent,
et que l’espace-temps ne peut qu’en éloigner.
Refusez
toutes ces situations où le stress est la seule possibilité,
car elles vous tuent, spirituellement et physiquement. COMMENT
FONCTIONNE LE STRESS ET COMMENT
S’EN DEBARRASSER Le
stress passé, comme les émotions passées, n'ont
pas d'influence directe. Ce passé n'existe pas. Cela peut
paraître facile à dire, mais c’est vrai. En fait
tout se passe au niveau des circuits subtils que l’on active ou
que l’on n’active pas. Lorsque je ris, j’active
certains circuits qui produisent certaines hormones. Lorsque je
pleure, ou suis en colère, de même. Lorsque je stresse,
idem. En fait, ces circuits se développent et deviennent des
autoroutes à force de les utiliser. Les circuits non utilisés
deviennent impraticables car ils ne sont pas entretenus. Ainsi, si je
pleure souvent, je ne sais plus réagir autrement. Même
joyeux, je me mets à pleurer. La moindre émotion et je
pleure. Je prends toujours l’autoroute habituelle quel que soit
le lieu où je veux aller. C’est comme cela que notre
émotionnel fonctionne. Pour
le stress c’est pareil. A force de stresser je ne sais plus
fonctionner autrement. Le moindre événement, la moindre
sollicitation et c’est les circuits du stress qui réagissent.
C’est bien sûr un cercle vicieux. Mais
il n’est pas irrévocable. Pour y échapper, il
faut entretenir les autres routes, et en faire des autoroutes.
Comment ? En se forçant, en faisant semblant. Car il n’y
a pas de différence entre une émotion factice et une
émotion vraie. Si je me force à rire en toute
circonstance, je finirai par rire quoi qu’il arrive. Je
n’attends pas de vivre des situations stressantes ou pas pour
le faire, je le fais sans raison. Jusqu’à ce que ce soit
un réflexe et que les circuits redeviennent ma façon
prioritaire de fonctionner. C’est
la seule solution avec la méditation et la prise avec le
présent. |