RESUME du COURS D'ONTOLOGIE SELON L'HYPERSCIENCE

N°9

ACADEMIE DE LA ROZEILLE
BP 50013
77221 TOURNAN cedex (France)

Fax : 01 64 42 86 68











QU'EST-CE QUE "DIEU" ?

"Religion" signifie "action de relier". De relier quoi ? La question ne se pose pas. Il n'y a à relier que ce qui semble séparé, et pour la raison simple, comme on l'a démontré dans le site sur l'origine de l'univers, que la réalité est une. La séparation est forcément un état provisoire à la recherche de l'unité. On l'a compris en démontrant que SOI (ce qui en moi pense et aime) est nécessairement tout, et pour s'en convaincre chaque fois que nécessaire, il suffit de se poser la question :
"EST-CE QUE JE PEUX AVOIR CONSCIENCE
DE QUELQUE CHOSE QUI NE SOIT PAS DANS MA CONSCIENCE ?

Puisque la réponse est "NON, si j'ai conscience d'une chose, c'est évidemment qu'elle est intérieure à ma conscience : je me rappelle ainsi à l'ordre du Vrai : tout est esprit, et l'esprit c'est soi.

A partir de là, on comprend immédiatement le sens du mot "Dieu" : "Dieu" est ma vraie nature, celle que je renie en me séparant de Lui. D'où ma recherche, d'où ma quête inexorable, insatiable, jusqu'à l'unité avec le tout. Ceux qui ont compris l'origine de l'esprit ont compris que cette unité est un but éternellement inaccessible dans le temps, puisqu'il n'existe QUE dans le présent. Dans l'instant présent nul et infini, où il n'y a pas de conscience car la conscience y est infinie. Toute spiritualité consiste donc à chercher à s'unir à cet instant présent, en étant de plus en plus présent, disponible, ouvert au monde et à son entourage, mais avec l'assurance que cette progression est sans fin. Il n'y a pas de limite à l'évolution spirituelle de l'homme, même si, au bout de l'expérience humaine, on connaît des états qui font croire qu'on est arrivé.

En fait ce n'est que le commencement d'une nouvelle évolution au-delà de l'humain. Il faut l'éternité pour atteindre l'infini, l'éternité du temps. Le présent n'est pas dans le temps, l'Absolu ne peut donc être contenu dans la conscience qui est divise, dualiste. Qui dit unité, ou amour absolu, dit non-conscience. Comme la conscience est éternellement indispensable au Néant qui est la nécessité absolue à l'origine de l'Etre, elle est aussi éternelle que lui. La vie est inévitable. La recherche de "Dieu" est inévitable et éternelle. Il faut aimer cela car c'est la seule réalité, la seule contrainte de l'Etre créateur que nous sommes, qui est par ailleurs totalement libre des moyens qu'il choisit en conscience ou non pour aller vers son but. Toutes les créations, tous les univers, tous les destins, sont possibles, et à tout moment, et pour chacun d'entre nous.

Donc, qu'est-ce que "Dieu" à la lumière de l'HYPERSCIENCE ?

C'est trois "choses" comme il se doit :

I - LE BUT, c'est-à-dire la Nécessité absolue qui est à l'origine de toute énergie créatrice. On a démontré dans le site sur l'origine de l'univers de quelle nécessité il s'agit. Ce qui est important, c'est de comprendre que cette nécessité est la source de toute énergie. Sans but pas d'énergie. Quand je n'ai pas de but, je déprime. Si l'univers est une grande énergie, c'est qu'il est un grand but. La Physique est incapable d'expliquer correctement l'univers parce qu'elle refuse cette idée de but qui est METAPHYSIQUE. "Dieu" n'est pas une origine, c'est un BUT. On n'en est pas tombé, on y va. On a simplement le choix de freiner cette évolution ou de l'encourager par nos attitudes morales et relationnelles.

II - LE TOUT. "Dieu" est aussi le Tout, c'est-à-dire tout ce qui est, manifestement ou potentiellement. Il ne peut évidemment rien y avoir en dehors de l'Infini, et si "Dieu" était fini, il serait évidemment un objet, non un Absolu.
Tout est "Dieu", puisque l'infini ne peut être divisé (divisez l'infini par 10 ou par 10 000 si vous voulez, ce sera toujours l'infini). Tout est "Dieu" tout entier. Avoir ce regard sur chaque chose et sur chaque être, et sur chaque situation, est ce "regard divin" d'illumination qui amène la joie sans objet et sans limite.

Tout est "Dieu" puisque tout est constitué de la seule énergie qui soit, celle du BUT. Donc tout constitue et est constitué du but. Il n'y a donc rien à jeter dans soi ou dans la création. Tout est là pour être aimé.

III - Vous avez sans doute remarqué que le I correspondant à la Cause absolue, éternelle et créatrice, il correspond à ce que la Tradition occidentale appelle le Père. Première Personne de "Dieu" qui est aussi la première personne du singulier de la grammaire : JE. D'ailleurs Je c'est le IOD de la Kabbale, qui correspond à la source créatrice, et c'est aussi le "ich" allemand, ISH en phénicien qui a donné ISIS. "I IS" diraient les Anglais en utilisant ce trait vertical qui symbolise la Première Personne, la relation Ciel-Terre.
De même, le Tout, c'est le Fils, puisque c'est sa créature. Le résultat de la cause. Mais le Fils est complètement uni au Père, comme le Père est inséparable du Fils, puisqu'un créateur sans créature ne serait pas un créateur. "Je me crée moi-même sous toutes les formes afin de m'aimer".

Eh bien cela signifie que le III, c'est ce que certains appellent le "Saint-Esprit". Qu'est-ce que le "Saint-Esprit" ? C'est l'esprit, tout simplement, mais en tant qu'absolu impersonnel. C'est l'ENERGIE d'évolution. L'Energie magnétique dualiste, Yin et Yang, qui constitue toute chose. Attraction par l'amour, répulsion par la conscience. Amour et conscience constituent l'esprit. La conscience est créatrice tandis que l'amour est "rédempteur". Il compense la séparation.

L'esprit, l'énergie, c'est LA RELATION. La relation, ou LOGOS, ou LOGIQUE, ou DRAGON (qui se dit LOG en Chinois), ou "VERBE" pour St Jean, c'est la vraie réalité tangible de "Dieu". En effet, cette relation qui prend place entre le Père et le Fils, c'est-à-dire entre la cause et l'effet qui sont inséparables, est notre vraie réalité psychologique, notre vie d'évolution, de souffrance et de joie, entre SOI (source de toute conscience et de tout amour de mon univers, Première Personne) et AUTRUI, créature faite pour être aimée, réintégrée en soi dans l'unité spirituelle qui est le but concret. Nous sommes l'existence, la relation, l'amour-conscience, donc nous sommes concrètement le Saint-Esprit.

Personne n'est concrètement le Père ou le Fils. Personne ne peut dire : "je suis Dieu consciemment". On est toujours une personne limitée, même si notre réalité absolue est infinie. Personne ne peut dire non plus "Je suis le Tout, consicemment", même si c'est la vérité potentielle de chacun. Il n'y a ni Père ni Fils effectifs dans nos vies, ce ne sont que des idéaux qui nous animent et nous conduisent, par contre l'Esprit est réel, c'est la matière, c'est la vie, c'est la communication avec l'autre. C'est là que se situe la réalité de "Dieu", et c'est en soignant et guérissant cette relation à l'autre, au monde (voir SOCIO-THERAPIE), à l'univers, qu'on se rapproche de cet Absolu inaccessible qu'en fait nous sommes, inconsciemment.

Tel est le Principe fondamental de la spiritualité.







SERVIR EN RESTANT SOI-MEME

La spiritualité consiste donc à être soi-même. Sans jugement. Pour cela, il faut évidemment avoir une idée aussi exacte que possible de ce que c'est que soi, de façon que notre rapport à l'univers soit le plus juste possible.

On peut le savoir intuitivement ou le comprendre intellectuellement.

Dans les deux cas les règles spirituelles découlent de cette réalité : l'autre est moi, l'univers est une partie de moi, cette unité ressentie souvent intuitivement étant démontrée de la façon la plus rationnelle par l'HYPERSCIENCE, forme moderne de JNANA YOGA ("yoga de la connaissance"), et base indispensable de la spiritualité pour l'Ere du Verseau.

Le manuel de base est le LIVRE DE L'INFINI de Frank HATEM DSD, déjà un classique de référence, à commander tout de suite si vous ne l'avez pas encore.

Cette vérité que TOUT EST SOI, aujourd'hui démontrée scientifiquement, entraîne plusieurs conséquences d'une importance capitale, qu'il est bon de mettre en pratique. Frank HATEM est à votre disposition pour vous y aider.





PEUT-ON ETRE ONTOLOGUE ET AVOIR UNE RELIGION ?

Avoir une religion c'est suivre une discipline de vie. Cela est indispensable. Toutes les religions sont bonnes à cet égard, et peu importe quels supports on utilise. Tous sont bons s'ils vous conviennent. On peut parfaitement être métaphysicien, connaître l'unité de l'esprit et son origine, et néanmoins faire appel à des " anges " ou à " Dieu " chaque fois que nécessaire.

C'est l'égo qui prie, et " Dieu " qui exauce. Lorsque je suis dans le désarroi, il est clair que je ne suis pas en unité avec mon centre. Dans ce cas, mon centre me paraît extérieur, et l'égo peut et doit faire appel à lui. Il est impossible de s'identifier à l'Absolu. Ce sera toujours un idéal inaccessible.

Tous les noms de " Dieu " sont ses vrais noms, car ils sont l'Absolu vers lequel mon conscient tend. Entre moi et Lui, il y a l'infini à parcourir. Entre moi et Lui, il y a toutes les formes de mon être, tous les niveaux de la Réalité, mon avenir, que l'on peut appeler anges, archanges, ou autres. Il ne faut pas se priver de cette aide inestimable par orgueil de vouloir être tout de suite arrivé. Etre arrivé est impossible. Il n'y a pas de limite à l'évolution de l'homme. " Dieu ", est cette non-limite.





VEUILLEZ CONTACTER D'URGENCE
VOTRE CENTRE DIVIN

Maintenant que je sais que tout est en moi, qu'il n'y a pas d'extérieur et que je ne saurais donc rien en subir sans mon assentiment, que là où je suis se trouve la totalité de l'infini et du Principe Créateur, qu'il n'y a que l'esprit, qui contient tout, et que l'esprit c'est SOI, comment faire la part de l'ego et du Soi afin que "le second grandisse et que le premier diminue" ? Comment reconnaître et laisser vivre le spirituel en moi, et remettre à sa place l'humain ?

Souvent on entend dire "entrez en contact avec la source, touchez du doigt cet océan d'amour que vous contenez". Soit. Ce serait sympathique. Mais si je ne la perçois pas, cette source, qu'est-ce qui va me la faire percevoir ? On dit qu'être initié c'est la rencontrer, mais où est-elle ? Comment devenir l'océan d'amour que je suis ?

La plupart du temps, cela passe par la rencontre avec une personne bien humaine, bien incarnée, qui a déjà fait ce travail et qui manifeste ce charisme extraordinaire dans lequel on se reconnaît soi-même, qui que l'on soit. Au contact des maîtres, la contagion est fréquente. C'est d'ailleurs pourquoi nous tendons l'oreille dès que la rumeur ou les médias laissent entendre que quelqu'un "est", et beaucoup de marchands jouent de cette dépendance potentielle de tout ce qui peut ressembler au "guru" tant attendu. Mais tout seul, est-ce impossible ? Ne peut-on devenir jaillissement de lumière de façon autonome ?

Autonome, cela veut dire "ne dépendant de personne", c'est-à-dire en fait, fort, responsable, "adulte". Tous ceux qui étudient la Science du Mental n'ont pas d'autre but que devenir cela, en fait. Se sentir bien en ne subissant plus le monde, mais éventuellement en le dominant. C'est d'ailleurs la même recherche pour la Science et la technologie : autres façons de dominer l'univers. La spiritualité nous dit aussi : change tes pensées, tu changeras l'univers". Toute la question est de savoir si je veux dominer l'univers parce que j'ai des frustrations à combler, ou si je veux en être maître de par la reconnaissance de ma nature créatrice bienveillante.

Etre fort, être le maître, c'est être la source de tout : volonté, conscience, amour. Evidemment nous le sommes déjà. Le problème est de le reconnaître, puis de l'assumer. Ce n'est pas facile à admettre (cela suppose l'acceptation de la solitude infinie et sa toute-puissante responsabilité), c'est encore plus difficile à assumer confronté au monde, même si on sait qu'on est le créateur de ce monde.

Pour reconnaître la source en moi, je dois en acquérir l'intuition permanente. Cela peut passer par la compréhension de l'origine et de la nature de l'esprit, et la Métaphysique que nous enseignons à Paris y a à cet égard toute sa place. Elle permet d'éclaircir toute la relation à l'univers en comprenant comment et surtout pourquoi nous créons un univers. L'univers que nous vivons correspond strictement à nos besoins spirituels. Je place "à l'extérieur" de "moi" ce que j'ai besoin d'aimer, d'intégrer, pour devenir ce que je suis : TOUT.

Une fois de plus, la simple confrontation de ce que l'on ressent et de ce dont on a la certitude suffit à résoudre la question : nous avons toutes les preuves que l'univers que nous vivons est ce dont nous avons le plus grand besoin. Nous savons que nous le créons tel, uniquement parce que tel est ce que nous devons apprendre à aimer. Ces preuves d'évidence sont à la portée de tous, mais il n'est pas possible de les détailler ici.

Or face à cette désormais certitude, nous aspirons à l'autonomie, à la force de celui qui n'a besoin de rien ni de personne puisqu'il est capable de tout créer. Très souvent, la "pensée créatrice" est pratiquée précisément par ceux qui ont peur du monde tel qu'il est, afin de le changer selon leurs desiderata. C'est une erreur, puisque le monde tel qu'il est est celui dont j'ai besoin. Je l'ai créé pour cela. Tant que je veux le changer, c'est que je le rejette et donc que je ne l'aime pas. Dans ces conditions j'en ai besoin pour développer mon amour, et je vais donc le reproduire à chaque instant à peu près semblable. C'est ce qui fait que le monde ne semble guère évoluer, et que les gros problèmes subsistent, ou que nous nous retrouvons régulièrement devant les mêmes obstacles ou situations. Nous n'avons pas su les aimer.

Une fois qu'on a aimé le monde, on peut se trouver libre de créer autre chose. Tant qu'on ne l'intègre pas, on ne peut le changer.

Comment faire pour aimer ces événements, ces obstacles, et tout ce qui nous paraît indifférent ou inutile ? Car c'est cela le vrai problème. Dans mon univers, il n'y a que très peu de choses que j'aime profondément. Le reste ou bien me paraît indifférent ou bien me dérange. Et pourtant si j'étais moi-même, rien ne me serait indifférent : j'aimerais tout passionnément, je serais la source infinie d'amour, ce jaillissement de lumière que j'aspire à être.

Alors je dois faire appel à mes certitudes métaphysiques. Je sais que ces choses qui me paraissent indifférentes ou désagréables sont en fait ce dont j'ai le plus besoin. Comprendre que c'est d'elles que l'on a besoin POUR ETRE, pour être soi, pour exister en tant qu'homme autant que pour manifester notre divinité, est le premier pas vers cet amour infini.

Regardez autour de vous : cette lampe, ces meubles, ces arbres, ces passants. Vous vous imaginiez peut-être qu'ils sont là de toute façon, indifférents à vous, et par conséquent vous êtes indifférent à eux ? Eh bien c'est l'inverse. Ces choses et gens ne sont là QUE pour vous. Elles n'ont de raison d'être que pour permettre votre réalisation spirituelle. Vous vous êtes placé dans cet environnement parce que c'est celui dont vous avez infiniment besoin. Il n'a pas d'autre raison d'être. Toutes ces choses vous donnent la vie et l'occasion d'évoluer. Sans elles vous ne pourriez même pas respirer, même pas penser, même pas voir. Elles vous donnent la vie. Vous ne pourriez être ce que vous êtes si chacune n'était exactement ce qu'elle est, là où elle est.

Celui qui a compris la Métaphysique ne se dit plus : "je suis Dieu tout-puissant, et tout cela je peux le changer d'un clin d'oeil intérieur". Cela est le contraire de la force. Celui qui pense ainsi n'est pas fort. Il a peur. Peur de ce monde, et s'en protège. Il n'est pas fort parce qu'il n'a pas le courage de risquer la mort, la souffrance, le désespoir, en perdant une de ces choses dont il a le plus grand besoin, alors il préfère n'avoir besoin de rien.

Celui qui est vraiment fort, au contraire, est celui qui reconnaît qu'il a besoin de tout et de chacun. Que sans l'autre il n'est plus rien, que sans chaque feuille de chaque arbre il est perdu. Que la fourmi qui chatouille son orteil est une bénédiction infinie sans laquelle il ne pourrait être lui-même. Tout me donne vie. Tout est la condition de mon existence. Rien dans cet univers n'est créé inutilement, j'ai tout créé parce que sans tout cela je ne suis pas. La vraie force c'est de reconnaître ce besoin illimité de tout et de tous, tels qu'ils sont.

Alors voilà comment font les maîtres qui sont tout amour. Voilà ce qui leur donne cette puissance de tendresse et ce charisme lumineux. Ils ont besoin de tout. Ils ne sont rien sans vous. Alors ils vous aiment. Ils sont dans une dévotion totale à toute chose qui les entoure, non parce qu'ils sont de grands seigneurs condescendant à nous aimer comme on aime un mendiant, mais parce qu'ils sont mendiants eux-mêmes, mendiants de tout, conscients que sans vous et sans tous les autres ils n'existeraient pas, et ainsi leur amour éblouissant n'est que la gratitude de celui dont la conscience est éveillée. Ils ont compris, alors ils aiment. Vous, si vous voulez aimer sans comprendre, vous ne pouvez pas. Si vous voulez aimer sous prétexte que vous êtes Dieu et que l'univers est votre créature, vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez que si vous comprenez que Dieu, que vous êtes, est la créature de cet univers infini. "L'existence précède l'essence", disait Sartre. Il avait raison. Votre serviteur dit : "le Relatif permet l'Absolu, l'univers permet Dieu". Dieu ne créerait pas si créer n'était la condition sine qua non de sa nature divine. C'est grâce à ce que nous avons créé que nous sommes, et c'est l'univers qui nous donne vie et nourriture spirituelle. Sans toi, je ne suis rien. Avec toi je suis tout. Il n'y a pas d'intermédiaire, je ne peux pas être "quelque chose".

L'orgueil qui freine et empêche d'aimer, c'est justement de vouloir être quelque chose, d'avoir une image de soi à défendre. C'est aussi ce qui empêche la pensée créatrice d'être efficace, ainsi que le disait Alphonse de Châteaubriant.

Alors voici le chemin que doit accomplir celui qui se demande "où est le soi en moi, comment entrer en contact avec ma source, et déborder de lumière ?"

Je suis "Soi", ou bien seulement "moi", selon que j'ai peur ou non de souffrir du manque, et donc selon que j'accepte ou non de regarder en face mon besoin infini. Tant que je crois n'avoir pas besoin de toute chose pour être, c'est que j'ai peur de la frustration inhérente à toute reconnaissance de besoin. Dès que je ressens et accepte le besoin, je "m'humilie", j'aime l'objet de ce besoin, et cet amour inconditionnel et universel fait de moi le créateur tout-puissant qui contient tout et n'a donc en fait besoin de rien ni de personne. Une fois de plus, le petit moi permet le grand Soi.

Très concrètement ce changement d'attitude est la clef de toute réalisation psychologique ou spirituelle. Si j'ai besoin d'argent, c'est que je ne l'aime pas. Si je l'aimais, il serait en moi, je n'en manquerais jamais. J'aurai beau répéter "je suis chaque jour de plus en plus riche", mon désir de ne pas dépendre de l'argent restera le plus fort. Au contraire si je me soumets à lui et reconnais que je ne peux exister sans sa présence, si je suis reconnaissant de son existence chaque fois que j'en vois manipulé par les uns ou les autres, ou que je le donne le reçoive, alors je ne le rejette plus. Je l'aime. Et comme tout ce qui se sent aimer, il viendra à moi afin que je l'intègre totalement et que je n'aie plus besoin de ce problème.

Si je manque d'amour, même chose. Je n'aime pas l'amour. C'est sale ou c'est bon pour les enfants. En fait, penser ainsi est une façon de se protéger du manque, de la frustration. Mais si je vais au-devant de cette frustration en affirmant mon besoin et en me réjouissant que cela existe, si je reconnais que je ne peux pas vivre sans et ne joue pas à celui qui s'en passe fort bien, il répondra à ma prière. Regardez Jacques Brel : il n'était peut-être pas si beau, mais qui n'était pas amoureux de lui ? Il n'avait pas peur d'avoir besoin jusqu'à en mourir. C'était donc un maître.

Te protèges-tu de la vie ? Lui demandes-tu d'être différente pour pouvoir l'aimer ? Alors tu ne seras pas Celui que tu aspires à être. Tu resteras ce que tu n'es pas véritablement.

Remercie chaque particule atomique de te prêter vie, et supplie-la chaque seconde pour qu'elle continue à te la prêter, au risque de souffrances sans limites chaque fois que tu perdras une partie de toi, et tu seras libre, éternel créateur et maître de toute chose, mais indifférent à ta nature divine. Dieu est la seule "chose" dont tu n'aies pas besoin, car tu l'es, de toute éternité.





DU MOI AU SOI :
FAIRE NAITRE LE "JE" "DIVIN"

La spiritualité consiste à vivre pleinement le "moi" au nom du "Soi". Elle ne consiste pas à choisir le Soi au détriment du moi. Elle ne consiste évidemment pas à ignorer le Soi pour le plaisir du moi.

Le passé n'est pas. L'avenir non plus. Seul l'instant présent est. Mais il est nul. Cet être est donc le néant. Cela signifie que tout est illusion, ce qui veut dire : "tout est DANS l'esprit présent, nul et infini : SOI.

Il n'est pas nécessaire de revenir sur le fait que l'impression de temps (tout comme d'espace car il est impossible de prouver la réalité d'un "ailleurs" autre qu'ici) est une caractéristique de cet être présent. Cela est amplement démontré. Si espace et temps sont inclus dans l'ici/maintenant, tout l'univers matériel subordonné au temps et à l'espace est également inclus dans cette conscience présente.

Je suis cette conscience. Quand est-elle née ? Elle naît évidemment présentement. Rien ne permet de prétendre qu'il y a une conscience ailleurs que maintenant. Naître est sa nature. Naître est MA nature. A chaque instant je reconnais ma naissance et m'en émerveille.

A chaque instant je renais avec une mémoire différente. La mémoire est ce que je considère comme mon acquis personnel. Ma forme. A chaque instant mon idée de moi est différente. Cette idée est présente et n'est liée en rien à un quelconque passé. A chaque instant je suis libre d'établir ce que je suis. Je naîs librement. Il n'y a rien d'autre que ce "je suis". Il n'est influencé ou déterminé par rien. Ce n'est pas un voeu pieux, c'est une certitude.





L'INSTANT PRESENT EST LE PARFAIT CREATEUR

Si je me reconnais libre et neuf à tout instant, je me reconnais unique créateur responsable de toute chose dans l'espace et le temps. J'organise l'espace et le temps que je crée à la convenance de mes besoins spirituels, c'est-à-dire fonction de mon idée de moi-même du moment. Ma réalité étant d'être tout et nul, chaque fois que j'ai une idée finie de moi-même, je me trompe. Cela dit, je ne peux rien créer d'autre qu'une idée finie de moi-même. Le créateur libre que je suis se crée une personnalité (la personnalité comprend le monde qui l'environne et lui répond). Si je ne créais pas du fini spatio-temporel, en quoi serais-je créateur ?

Créer l'illusion est le jeu propre à l'instant présent de la conscience. On sait qu'il n'est pas possible d'y échapper (cela permettant l'indispensable nullité du néant). Obligé de créer, certes, mais c'est tout. La forme de cette création est indifférente, totalement libre. C'est pourquoi l'homme est souvent dans un total désarroi, perplexe devant la vanité d'un monde dont l'existence s'impose. Hésitant face à la nécessité de choisir et de décider en ressentant intuitivement que le résultat importe peu.

Créer est donc le jeu de l'être. Pour échapper à cette lourde responsabilité sans objet, et faire en sorte que la création se fasse machinalement, on lui donne une importance solide simplement justifiée par l'habitude. Cela consiste à se faire croire qu'on a besoin des choses en l'état. Plus besoin de choisir, l'univers est à chaque instant le même ou à peu près, on est parvenu à se convaincre qu'il ést nécessaire ou qu'il ne pourrait pas être autrement. On fait donc en sorte de le subir. On l'appelle ensuite la "prison" dans laquelle on a "chuté". Et on a donc tendance à le mépriser. Au contraire, la spiritualité consiste à aimer cette "prison" en reconnaissant qu'elle est le MOYEN de la liberté du Soi. Si je n'exerce et ne manifeste pas ma liberté créatrice à travers l'amélioration de cet univers, il n'y a pas de "Soi", il n'y a pas de réalisation divine. C'est cela, aimer le monde au nom de l'Absolu. Si je sais que le monde est mon enfant et qu'il dépend de moi, je ne peux que l'aimer.





LE REGARD VRAI

La liberté est un regard sur la prison. Car le monde est inévitable. Il y en aura toujours un, si subtil soit-il. Ce monde c'est mon INCARNATION. Mon incarnation ne s'arrête pas à mon corps, mais comprend tout l'univers qui va avec. Comme l'être évolue en subtilité au même rythme que le monde qu'il crée, il a TOUJOURS le même sentiment d'être en prison. C'est le regard sur cette prison qui la fait évoluer. Chaque fois que je l'accepte comme moi-même et la vis pleinement dans le présent en pleine unité avec mon émotion du moment, je l'intègre et laisse donc la place pour un nouveau monde "extérieur".

Le regard juste consiste évidemment à ne pas considérer le monde comme un élément étranger indépendant de soi, mais comme ma création, inconsciente mais nécessaire à ma réalisation. Ainsi je me réconcilie avec moi-même, ne renie plus le créateur que je suis en exclusivité, et m'ouvre donc à l'épanouissement infini qui m'est promis. Accepter le monde, c'est l'aimer totalement dans ses moindres détails et jusqu'au plus profond. C'est lui être TOTALEMENT PRESENT. Il m'est beaucoup plus facile d'être présent au monde si j'ai conscience que tout en lui est une bénédiction indispensable à ma paix. C'est dans la mesure où je me méfie de lui ou ne crois pas à sa bienveillance infinie, que je fais en sorte de m'échapper, et de me réfugier dans l'"intérieur" : mes joies et peines passées, mes possessions, mes projets etc.

Ce regard fraternel vis-à-vis du monde est le regard qui guérit. Aucune maladie, aucun mensonge, aucune haine ne peut y résister, car il sait que tout cela est sans réalité, et tout cela ne demande qu'à être remis à sa place en étant reconnu dans sa perfection.

Cette recherche de l'instantanéité ne souffre aucun manque d'amour. S'il n'y a pas assez d'amour, de reconnaissance de la perfection en toute chose, il y aura fuite de la réalité. C'est pourquoi la compréhension métaphysique de cette perfection, afin qu'il ne soit plus possible d'en douter, est si importante à l'évolution spirituelle.

LA RELATION JUSTE A " DIEU " C'EST LE DEVENIR, bien que je le sois de toute façon, c'est lorsque cet inconscience devient conscience que l'unité est réalisée.

On a évoqué ici les trois principaux aspects de cette individualisation des attributs divins : être le créateur conscient et volontaire de son univers (voir les cours sur le BUT et la décision, et sur la pensée positive créatrice), l'aimer pleinement et inconditionnellement (voir les cours sur l'amour et sur l'acceptation dans le COURS D'ONTOLOGIE PAR CORRESPONDANCE), et lui être toujours présent. On trouvera d'autres éléments dans les "Sept Disciplines".

Ce sont là les principales LOIS DE L'EVOLUTION SPIRITUELLE. Si je suis vigilent à mon attitude dans le monde par rapport à ces objectifs, si je comprends de mieux en mieux les réalités métaphysiques qui sous-tendent tout cela, si je ne juge pas les autres (façon de figer leur évolution dans le but de figer la mienne) et si je n'ai plus de rejet vis-à-vis de la solitude (car si j'aime inconditionnellement, c'est que je suis tout, et si je suis tout je suis évidemment seul), alors en utilisant cet outil merveilleux du corps, de l'univers, du moi, je deviens vraiment ce que je suis. Le Grand Soi. Et "Dieu" en moi rit de joie.



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